24 décembre 1916

24 décembre 1916

 

L’incident grave du Comité secret n’a pas été une attaque de Clemenceau contre Briand mais une vigoureuse accusation contre Malvy. Clemenceau parla pendant plus de deux heures et ne chargea Briand qu’assez peu. Mais il porta au ministre de l’Intérieur un coup inattendu. On a constaté, dit-il en substance, des menées pacifistes fomentées dans le pays, notamment dans le Centre. M. Malvy provoqua une enquête dans les départements contaminés. Les préfets y ont procédé et M. le préfet du Rhône [1] écrivit au ministre de l’Intérieur qu’il connaissait les foyers de cette campagne qui étaient les bourses du travail. Il demandait en conséquence, afin d’y mettre un terme, de procéder à des perquisitions. M. Malvy a interdit toute perquisition.

Aussitôt, un violent tumulte se déchaîna dans le Sénat. Démission ! Démission ! criait-on de toute part, et l’effervescence dura au moins un quart d’heure. Malvy défaillant monta à la tribune, essaya quelques explications dans lesquelles il déclara s’être honoré en ne faisant pas de perquisitions auxquelles jamais il ne se livrerait. Très mal accueilli par le Sénat, il fut remplacé à la tribune par Briand qui rétablit la situation, mais ne fut pas non plus très brillant.

Malvy est fort diminué, son rôle reste très louche, mais que veux-tu, il est l’homme du

[manque la suite]

[1] Le préfet du Rhône est alors Victor Rault (1858-19), (22 mars 1911-3 septembre 1918).

Odile Gaultier Voituriez
Odile Gaultier Voituriez

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Odile Gaultier Voituriez (24 décembre 2016). 24 décembre 1916. La 1ère Guerre vue de Paris. Consulté le 12 août 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/rqa6


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.